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Le Parc

Sur la route du bureau, il y a ce parc, un lieu comme un condensé d’histoires japonaises. Un bosquet dense, un bac à sable et quelques jeux, des bancs sur une terrasse sous une pergola, un étang, une ile en son centre, un petit temple dessus, un loueur de barques.Le matin, on y promène son chien, ca se renifle en bas, ca discute voisinage en haut. Des mères au foyer amènent leurs tous petits jouer dans le sable, discutent avec d’autres mamans, tissent les liens sociaux qui leur seront bien utiles le jour où ces petits partiront pour l’école, quand ils partiront tout court. Jeudi matin, des personnes âgées viennent entretenir le parc, l’initiative privée pour s’occuper du bien commun. Les hommes après avoir ramassé les feuilles mortes ratissent la terre battue en papotant clope au bec ; les femmes s’occupent de la treille de roses, retirant gourmands et mauvaises herbes. Les frontières construites des années durant ne s’effacent pas si facilement.

Le soir, on s’y attarde, on s’y retrouve. De jeunes couples se blottissent sur les bancs, cherchant l’intimité qu’ici seulement ils peuvent trouver.Des garçons ont garés leurs scooters le long du bac à sables, assis sur la bordure en bois, fument une cigarette en sirotant une cannette de shōchū. Ils discutent, leurs petits boulots, la mécanique de leur machine peut-être, les filles surement, reculant le temps de rentrer, seul, dans chez soi exigu.Dans l’ombre, plus loin, des hommes attendent, sur un banc ou piétinant. Je n’ai pas saisi s’il s’agit d’un trafic, des substances ou des corps, ou d’une simple fuite, un espace-temps entre bureau et foyer.Enfin, il y a cet homme, seul, avec ses quelques sacs en papier, assis sur son banc, toujours le même. Il mange un bol de nouilles instantanées. Les jours de pluie, dans son imperméable transparent, comme recouvert d’une bâche, il est là, prostré, assis les bras croisés, serrés sur ventre, le dos courbé. Plus tard, la nuit, il s’allonge, se protège sous une tente faites de parapluie, de couvertures et de feuilles de journaux, ses sacs en papier sous le banc. Au matin, parfois, il est encore là, un homme lambda, assis avec ces quelques sacs en papier à coté de lui, propre, même pas ébouriffé, profitant du soleil de ce nouveau jour.

Même si le temps est encore beau, les nuits sont froides.

Précieux

Trois semaines pour un bilan. Difficile de dire encore. Une seule certitude, mon nouveau travail m’ouvre des horizons, la possibilité de toucher du doigt ce que je voudrais vraiment faire. Alors bien sur ce n’est pas acquis, il faudra de l’énergie et de l’envie.
Pour l’instant l’agence vit essentiellement de boulot alimentaire mais essaie aussi de se créer une production propre, la recherche principale étant l’habitat de petit format et bas coûts. Le problème c’est que pour l’instant l’équipe manque un peu d’outils et de motivation pour pousser les projets jusqu’au bout. Et c’est ca mon boulot. Apporter une patte nouvelle, des capacités plus diversifiées, un regard extérieur aussi, mettre des coups de pieds dans les fourmilières et les convictions.
De manière plus pragmatique, le travail se fait ici a la japonaise. De 9h30 a 21h30 en moyenne. Ménage le mercredi et vendredi matin. La production de maquette est régulière sans être excessive (pour l’instant en 3 semaines 5 maquettes). On vient de finir la première phase d’un projet de maison en ville (90m² de terrain, 45m² au sol, 110m² de planchers), j’ai produit quelques images dont je suis relativement content. Et surtout, mon travail est apprécié, ce qui après cette année écoulée est bien agréable.


Pour le reste de la vie, tout va doucement, paisiblement. En allant voir sur ma galerie photo, vous trouverez les cliches de notre weekend a Osaka et aussi d’autres petites choses photographiées ici ou la. Les weekends passent vite parfois sans faire grand-chose. Le temps aussi passe vite, une vie à travailler, week-end, semaine, ca file. Et en même temps il faut profiter, gouter ce temps que l’on a ici, précieux.

Je marine

Et viens le temps du post.
Plus on attend plus c’est difficile, on hésite, on tâtonne. Trop de chose à raconter si l’on colle à l’anecdote, pas assez si l’on essaie d’être dans les grands discours (de la méthode). Pour m’économiser des effets, dont la seule pensée des efforts qu’ils demanderaient me fait ployer, depuis un peu plus de deux semaines, je revis. Enfin pour le moins, je devrais.
Je quitte, après presque un an de bons et douleurs services, la cite condamnée de l’Atlantide, pour aller m’échoir sur des rivages moins fantasmés. Je ne m’y supportais plus, je finissais par m’en vouloir, retournant contre moi ce désamour de mon travail.Me voila donc embarqué dans une nouvelle aventure - filons la métaphore marine -, dans un équipage réduit, 4 personnes, pleinement japonais, essayant humblement de faire de petits choses, de le faire bien. Comme voir un phare âpres des semaines de mer - ca commence à être lourd -, je suis tout autant excité qu’anxieux. Heureux du changement, de ce rapprochement des mes propres idées et envies, d’être parti prenante du lieu, du pays où je vis. Mais peur aussi, de l’inconnu, d’un hypothétique échec de ces attentes, et simplement, de ne pas être à la hauteur.Alors je suis un peu dans le brouillard. Entre deux états. Entre deux pays. Entre deux boulots.
Pour en revenir au passé proche, vous avez certainement compris par la faible production de post, que l’été, pour ces raisons, fut difficile. Naviguer à vue, c’est dur pour les nerfs. Mais, il y a tout de même eu plein de belles choses cet été, j’en ai mis un peu dans mon album photos –cliquez en haut -.Enfin je voudrais saluer les inconnus qui passent sur ce blog, et qui,
ô surprise, laissent parfois des commentaires. Même si, à la base, il ne s’adresse qu’à une population réduite (voir très si j’en crois les réactions à mes bavardages), il est toujours bon de se voir rappeler que c’est une maison sans porte ni fenêtre.
Bon, je dois l’avouer ce post n’est pas vraiment intéressant, je ferais mieux pour le prochain, c’était juste un coup de corne de brume, un signal, un rien.

Aimer une histoire de dégoût

Je ne sais plus vraiment pourquoi j’ai découvert ce site internet. (enfin un peu une sombre histoire de recherche en boulangerie)
Le japon peut parfois être pays d’obsession. La nourriture en est une. A tout heure la télévision débite du programme alimentaire, untel mange un bagel devant wall street, un untel cuisine des sardines sous les néons d’un studio, untelle mange des haricots rouges aux confins du japon… Ici, l’obsession prend des tours autopsiques. Gros plans, découpe, morsures rien ne nous est épargné.

Bon appétit bien sur…

A la maison !

Apres douze jours consécutifs de travail (dont deux nuits blanches), une charrette de terminée. Je ne dirais pas que j’aime le projet que nous avons, mais nous avons tout de même fait une bien belle présentation (j’attend le résultat pour présenter quoi que ce soit). Maintenant un nouveau concours, qui j’en suis sur ce terminera dans les même conditions, changement de dernières minutes, nuits blanches et collègue alcolo en cadeau.

Un an. Le temps a beau passer le japon garde pour moi sont potentiel d’étonnement. C’est étrange de repenser à tout cela. Franchir le pas. Il y a un an je passais de l’autre cote, je lancer les dés. Il a fallu franchir pas mal d’étapes, les stages, le boulot, le visa et je sais que la partie ne sera jamais complètement jouée. Mais au moins je l’aurais fait, pas de regrets à avoir.

Etonnement donc, dans ce grand écart culturel, qui fait que même dans une bête campagne d’affichage pour le respect dans les trains, l’énonciation version Japon atteint l’abscons. A force de ne pas vouloir dire brutalement les choses (ici : Fait pas ça dans le métro), on finit par avoir un message qui perd complètement son sens (S'il vous plaît, faites cela à la maison) et même pire pourrait induire un contre sens (Faites l’amour a la maison).

En route pour une nouvelle année.

On est loin

Me revoilà pris dans le piège de ma non-assiduité… Je pourrais écrire une thèse sur comment s’étioler, se perdre, ruminer. Ma capacité de concentration frise le zéro, incapable de me tenir a ce que je devrais faire. Mes promesses sont du flan.

Revoilà ma petite vie, pour l’anniversaire de Xa, il y a presque deux semaines maintenant, nous sommes parti un week-end avec des amis, histoire de fuir un peu la routine des sorties à Shibuya. Nous avons choisi d’aller à Izu, une presqu’île au sud-ouest de Tokyo, à 3h de train. Là-bas nous avions décidé de louer une voiture pour un road-trip le long de la cote la plus sauvage de l’île. Pour la petit histoire, Izu est le lieu où est arrivée le commodore Perry au milieu du 19ème siècle pour obliger le japon a rouvrir ses frontières qui étaient fermées depuis deux siècles.

Après un gros stress, dans la gare immense de Shinagawa, pour s retrouver (il y a des jours où il ne faut pas oublier son téléphone, bakka !), nous sommes parti dès le vendredi soir. Arrivés pas trop tard (21h30), dans la toute petite ville de Shuzenji, impossible de trouver un petit troquet pour manger un bout (et dieu sait que c’est rare ici ou les resto font parfois service continu de très tôt le matin à très tard dans la nuit…). Un tour au combini pour des petites courses, puis nous filons a l’hôtel. Après un dîner sur le pouce nous avons profiter du Onsen dont disposait l’hôtel. Nous avions les lieux pour nous tous seuls (normal a une heure du mat me dirais vous…), et nous avons pu tranquillement profiter des bains intérieurs, du sauna et surtout du Rotenburo, le bain extérieur avec les petites pierres et tout et tout. Nous avons baignés dans l’eau bouillante sous une légère pluie pendant deux heures avant d’aller dormir comme des bébés.

Car le problème du mois de juin au Japon c’est la saison des pluies. En effet, le temps peut passe de la chape de plomb humide à la pluie tenace, et nous l’avons vu des le lendemain. La seconde journée nous avons descendu la cote ouest de la péninsules (une soixantaine de kilomètres) avec moult haltes, pour profiter de la vu sur les criques, les falaises, les petits ports caches, le villages perches…

Pour l’anecdote, ils nous est arrivé quelque chose qui ne pourrait nous arriver qu’ici. Nous nous promenions dans un de ces petits villages descendant jusqu'à la mer ou nous sommes trouvé au bas d’une maison nichée dans les arbres, face au pacifique. Nous prenons des photos, et là un monsieur nous fait des coucous. Pas bégueule, nous répondons à ces salutations. Du coup, nous avons étés invités chez lui pour prendre un café et manger un petit gâteau…

Bref, malheureusement l’après-midi a été très arrose (je parle pluie la) et la fin de la route n’a pas été très agréable. Arrivé à Shimoda, ville touristique qui termine la cote est plutôt fréquentée, nous nous avons trouvé une ville presque déserte, fantôme, hors saison… Une izakaya nous a permis de boire un verre et de terminer cette journée d’anniversaire.
Le lendemain nous sommes rentré par le centre, ou nous avons pu apprécierle sens tout japonais de la préservation de paysage par l’infrastructure routier (sic) mais plus joliment les belles plages de sable blancs de l’ouest et les forêts denses du centre, ces chutes d’eau ou des bains on était aménager et ses temples…

Bref un beau week-end, vivifiant, dépaysant.
Dont vous pouvez voir d’autres photos sur ma page flickr.

PS : Merci pour vos commentaires-conseils sur le post précèdent. Finalement ces personnes très polies ne se sont jamais données la peine de me donner une réponse…
PS2 : Pour ceux qui vont peut-être venir, et qui s'intéressent au Japon en particulier et aux onsen particulièrement, je vous conseille le site Secret Japan
PS3 : Félicitations à ceux de Strasbourg qui ont passés leur diplôme avec succès, j'aurais aimé pu être la pour vous épauler comme ils l'avaient fait pour moi... J'ai, en tout cas, beaucoup pensé à vous. Encore Bravo!!!


 

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